الأديبة والمفكرة الدكتورة حكيمة جعدوني
أطروحة إنسانية نفسية سلوكية، وسياسية حضارية.
تاريخ الإنسانية يسير على خطّ صراع خفيّ، صراع بين العقل حين يتقدّم، والشهوة حين تنفلت. هذا الصراع شكّل مصائر أفراد، وغيّر مسارات أمم، وحدّد من ارتقى في سلّم الكرامة، ومن انحدر إلى قاع الاضطراب وصولا إلى أدنى درجة من البهيمة.
حين كرّم الإله الإنسان بالعقل، جعله أداة تمييز، وميزان ضبط، ووسيلة قيادة. بالعقل يهذّب السلوك، وترتّب الغرائز، وتمنح الشهوة معناها الإنساني. غير أن هذا المقام اختلّ حين أُقصي العقل، وتقدّمت الشهوة إلى موقع السيادة، ففقد الإنسان بوصلته، وتشوّهت صورته، وتكسّرت معاييره.
الأمر الإلهي بسجود إبليس للسيّد آدم يحمل دلالة عميقة تتجاوز ظاهر الحدث. إبليس يمثّل الشهوة المطلقة حين تنفلت، وآدم يمثّل العقل الكامل حين يسود. كان السجود إعلانا لسيادة العقل، وترتيبا للدرجات، وتثبيتا لمقام القيادة. فالشهوة حين تتحرّك دون عقل تنفي وجوده، أمّا العقل حين يقود الشهوة يمنحها وجهتها، ويجعلها طاقة بناء لا أداة هدم.
العقل يخاطب الشهوة عبر الحبّ. فالحبّ يحتضن صورة المحبوب داخل القلب، وحين تحمل الشهوة تلك الصورة، تستقرّ، وتنتظم، وتتحوّل إلى طاقة مهذّبة، لها إيقاعها ووقتها وحدودها. في هذا المقام، يصبح الجسد تابعا للقلب، والقلب منضبطا بالعقل، فتتحقّق الوحدة الداخلية، ويستعاد التوازن.
ويتحوّل المحبّ مخلصا للحبيب ومتفرّدا بحبّه، وتسير الشهوة على خطى المحبّ لا افراط ولاتفريط.
وحين يغيب الحبّ، يخلو القلب من صورة المحبوب، فتصير الشهوة تائهة، ضالّة طريقها، تبحث عن أي وعاء، وتصطدم بكل ما حولها. هنا تبدأ الفوضى النفسية، ويتشكّل عمى النفس، وتضطرب المقاييس، ويتبدّل الإنسان إلى كائن متهوّر، مستهتر، مستنزَف الطاقة. يذهب إلى أيّ كان، إلى سائبة، أو إمراة، أو حيوان، أو طفل، أو أي شيء آخر.
فتتجلّى الانتكاسات في السلوك، وتظهر الأمراض النفسية، ويتحوّل الجسد إلى مساحة استهلاك، ويظهر الإفراط وضياع الذات، ويضيع كل ما في يد الإنسان.
إذا ما الذي حصل؟ ولماذا انحدرت الأخلاق، وتراجعت صفة الإنسان، حتى غدا كائنا عديم الضمير، فاقدا للإنسانية والتفكير؟
افتقار القلب للحبّ الحقيقي نتيجة شيوع ظاهرة الخيانة، انعدام الوفاء والإخلاص، فتح أبواب الانقياد للشهوات، فتمّ التنازل عن مقام العقل، وتفريغ الإنسان من قيمه. وحين أقصي العقل، واكتفي بالشهوة، تاه الإنسان وسقط في قمع وتجويف مظلم، بلا ضوابط ولا حدود ولا رادع، فصار كل شيء مباحا، فتداخلت الأمور واختلطت المقاييس.
عندها تلوّنت الحياة بلون قاتم، وفقدت الروح إشراقها، وتحوّل الإنسان إلى كائن وظيفي تحرّكه اللذّة وتستنزفه الرغبة. فكما لا يجمع الطعام مع النفايات، ولا يوضع النهار مكان الليل، ولا تجعل القذارة في موضع النوم، كذلك القيم حين تختلط وتفقد مراتبها، تصطبغ كلّها بلون واحد قاتم. لكل شيء مقامه، وحين تتداخل المقامات، تنحدر كلّها إلى أدنى مرتبة.
فالشخص الذي ينقاد للشهوة يصيبه الجنون، يعطّل القوانين والأحكام والحدود، وتصير الأشياء عنده متساوية بلا تمييز. أما الشخص العقلاني، فيضبط شهوته بالحبّ، ويوجّهها نحو من يحبّ وحده. بذلك يحافظ على التعاليم، ويصون القيم، وتصير حياته فضاء ورومانسية متّزنة، يسودها الاحتواء والبهجة، ويغتني عاطفيا، ويغني من يشاركه الحياة. هناك يستقرّ كلّ شيء في مكانه، ويولد الانسجام، بعيدا عن الزيادة والنقصان.
إذا لِمَ أُمر إبليس أن يسجد لآدم؟ لأن إبليس كانت حياته شهوة منفلتة ضائعة، بينما كان آدم عليه السلام صاحب عقل يتحكّم به. وبعقله كان يبحث عن الحبّ، وبالحبّ يضبط الشهوة، فصار أحقّ بالمقام، وأجدر بالسيادة، ولذلك كان أولى على إبليس أن يسجد لآدم، لأن آدم يتحكمّ بالشهوة ولا يخضع لها.
سيادة العقل تجعل الإنسان أحقّ بالمقام، وأجدر بالقيادة. فالعقل أداة التحكّم، وميزان النظام، ووسيلة ضبط الفوضى. به تسيّر العلاقات، وتحسم الصراعات، ويفرض القانون حين يعمّ العبث. والأمر ذاته ينطبق على الأمم.
الأمة التي تسيح فيها الشهوات تفقد اتجاهها، والأمة التي توظّف عقلها تمسك بزمام مصيرها. لذلك نشهد حاليا تفشي ثقافة الشهوة لتجويف الشعوب المتخلّفة، بينما يُحتفَظ بثقافة العقل لدى الشعوب المتقدّمة كأساس للسيطرة.
الشعوب التي غرقت في الاستهلاك والشهوات، تستهدف وتقصف وتستباح اليوم، بينما أصحاب العقل يحلّقون، يخطّطون، ويديرون المعارك
بسلاح الجو من الأعلى.
،؛، كلّ إنسان تحكمه شهوته يفسد محيطه، ويبدّد طاقته، ويُربك واقعه. وكلّ إنسان يقوده عقله ينتظم ما حوله، وتستقيم أموره، ويغدو حضوره عامل استقرار. فحين يسود العقل، ينتظم كلّ شيء، وتستعيد الإنسانية حقيقتها.،؛،
L’amour comme pont entre la raison et le désir
Les Batailles entre les Détenteurs de la Raison et les Asservis au Désir
Par l’écrivaine et penseuse Dr. Hakima Djadouni
Thèse humaine, psychologique, comportementale et politico-civilisationnelle
L’histoire de l’humanité progresse sur la ligne d’un conflit discret mais permanent : l’affrontement entre ceux qui sont gouvernés par la Raison lorsqu’elle s’élève, et ceux qui sont asservis au Désir lorsqu’il se déchaîne. Ce conflit a façonné le destin des individus, modifié les trajectoires des nations, et déterminé ceux qui ont gravi l’échelle de la dignité et ceux qui ont chuté dans l’abîme du désordre, jusqu’à atteindre un état inférieur à celui de la bête.
Lorsque Dieu honora l’être humain en le dotant de la Raison, Il en fit l’instrument par excellence de ses détenteurs—un outil de discernement, une balance de régulation et un moyen de gouvernance. Par le truchement de ses détenteurs, le comportement s’affine, les instincts s’ordonnent et le désir acquiert sa signification humaine. Cet équilibre s’est rompu lorsque les détenteurs de la Raison furent écartés et que les asservis au Désir accédèrent au pouvoir. L’homme perdit alors sa boussole, son image se déforma et ses critères se brisèrent.
L’ordre divin intimé à Iblis de se prosterner devant Adam porte une signification profonde qui dépasse l’événement apparent. Iblis incarne l’archétype de l’être possédé par le Désir absolu et déchaîné, tandis qu’Adam représente le modèle parfait de l’être doté de la Raison souveraine. La prosternation consacrait la souveraineté inhérente à l’homme rationnel, établissait une hiérarchie entre ces deux archétypes et confirmait le principe de la direction. Car l’asservi au désir, livré à lui-même, nie l’existence de la raison ; tandis que le rationnel, en guidant le désir, le transforme en énergie constructive.
L’être rationnel s’adresse au désir par l’amour. L’amour imprime dans le cœur l’image de l’être aimé ; lorsque le désir porte cette image, il se stabilise, s’organise et devient une force disciplinée, dotée de rythme, de temps et de limites. Le corps suit alors le cœur, et le cœur se règle sur la raison. L’unité intérieure se réalise et l’équilibre renaît.
L’amant rationnel devient fidèle et exclusif dans son amour, et le désir marche dans ses pas sans excès ni dérive.
Lorsque l’amour disparaît, l’asservi au désir trouve son cœur vide de toute image aimée. Le désir s’égare, cherche un réceptacle quelconque et entre en collision avec tout ce qui l’entoure. Le désordre psychique commence, l’aveuglement intérieur se forme, les repères se brouillent et il se transforme en une créature imprudente, dissipée, énergétiquement épuisée. Il se dirige vers n’importe quel objet : une relation sans valeur, une femme, un animal, un enfant ou toute autre entité.
Ainsi, les déviations comportementales apparaissent, les troubles psychologiques émergent, le corps devient un espace de consommation et l’excès entraîne la perte de soi jusqu’à ce que tout soit perdu.
Que s’est-il donc produit ? Pourquoi la morale s’est-elle effondrée et pourquoi la qualité humaine a-t-elle reculé au point que l’homme est devenu dominé par des êtres dépourvus de conscience et de pensée ?
L’appauvrissement du cœur en amour authentique, conséquence de la banalisation de la trahison et de la disparition de la loyauté et de la fidélité, a ouvert grande la voie au triomphe des asservis au désir. La raison fut reléguée chez ses détenteurs et l’homme fut vidé de ses valeurs. Lorsque les détenteurs de la Raison furent exclus et que seuls les asservis au Désir subsistèrent, l’homme s’égara dans une oppression obscure, sans règles, sans limites et sans frein. Tout devint permis, les critères se mêlèrent et la confusion s’installa.
La vie se teinta alors d’une couleur sombre, l’âme perdit son éclat et l’homme devint un être fonctionnel, mû par le plaisir et vidé par la pulsion – le lot de l’asservi au désir. De même que la nourriture ne se mêle pas aux déchets et que le jour n’occupe pas la place de la nuit, les valeurs, lorsqu’elles perdent leur hiérarchie, se confondent et s’effondrent ensemble. Chaque chose possède son rang, et lorsque les rangs se mélangent, tous chutent vers le plus bas niveau.
Celui qui se laisse gouverner par le désir sombre dans la folie, abolit les lois, les jugements et les limites, et perçoit toutes choses comme équivalentes. L’être rationnel, quant à lui, canalise son désir par l’amour et l’oriente vers l’être aimé unique. Il préserve ainsi les principes, protège les valeurs et vit dans un espace émotionnel équilibré, riche en affection et générateur de stabilité. Il s’enrichit affectivement et enrichit son entourage. Là, tout se stabilise à sa place, et l’harmonie naît.
Pourquoi donc Iblis fut-il sommé de se prosterner devant Adam ? Parce que la vie d’Iblis était celle d’un asservi au désir, un désir errant, tandis qu’Adam était doté d’une raison souveraine, celle du rationnel. Par la raison, il cherchait l’amour, et par l’amour, il maîtrisait le désir. Il appartenait donc au parti méritant l’élévation, rendant son archétype digne de la soumission.
La souveraineté de la Raison en l’homme le rend digne du commandement. Le rationnel régule, organise et réprime le chaos. Ce principe s’applique également aux nations.
Une nation d’asservis au désir, submergée par les désirs, perd sa direction, tandis qu’une nation de rationnels, qui mobilise sa raison, maîtrise son destin. Aujourd’hui, la culture du désir se diffuse afin de créer et d’entretenir des peuples d’asservis au désir au sein des sociétés attardées, tandis que la culture de la raison demeure l’apanage des nations avancées et dominantes, fondement de leur contrôle.
Les peuples devenus asservis au désir, noyés dans la consommation, sont ciblés, bombardés et violés, tandis que les détenteurs de la raison planent, planifient et dirigent les batailles d’en haut, par la puissance aérienne.
Tout être gouverné par son désir corrompt son environnement et dilapide son énergie. Tout être guidé par sa raison instaure l’ordre et devient une source de stabilité. Lorsque les détenteurs de la Raison règnent, tout s’ordonne—et l’humanité retrouve sa véritable essence.

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