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الأديبة والمفكرة الدكتورة جعدوني حكيمة نينارايسكيلا.

عندما يقارن إبليس طبيعته المرعبة بأصناف جمال وجوه أمة الجنّ وهيئاتهم الفاتنة، ينضج حوله الحرمان فيحتقر نفسه ويكره الجميع. 

حينما يبصر رفقة العشاق على شرفة الحبّ تحت ظلّ القمر، يجمع صدره بألسنة ناره ويلتحف ظلامه فينزوي بتأوّهه وأنينه.

وقتما تكون إناث "الجنّ" على ضفاف النهر ؛ يركّز نظره جيدًا على أخدود الجريان، مُريدًا بذلك تحويله لخسف يجرفهن نحوه، ليكتشفوا وجود هذا "السجين " بينهم وهم لا يدرون .

 الصيّادون وهم يُشيِّرون بأقواسهم على الفرائس .. يعزم تتبّع ركضها في حيرة منه وتردّد، متسائلاً: هل عليه مساعدة الفرائس أم تقديم العون للصيادين!! 
الذين يكثر المناداة عليهم فلا يعيروه إنتباهًا .. 

أ تعرفون لماذا ؟؟! لأنه حتمًا لا يزال نكرة.

لبث "إبليسَ" على هذا الحال ملايين السنين، يتعاقب العذاب على سجنه، فيخضعه الفناء ولزوم البقاء وغياب الهناء. 

،؛،؛، شعور لايمكن إئتلافه؛ هو الملل ،؛،؛،

.. الذي زجّ بالتعب أكنان "الوحيد". ينتابه شيء فريد، يمكنه من خلاله الإرتياح، هل هو بكاء أم نزيف أم صياح ؟! عجبا كيف تبرز من قلبه رؤوس سكاكين !!!

وهل تُجرح النار ؟؟! أجل كما ترون ..!!

 "إبليس" المسحوج المذبوح بنصل حرمانه من الإهتمام، وتوقه للخروج من غديرة القنوط أو لسند ما يخبره أنك ستكون بخير !!! 
لكن لاشيء من هذا إلا تكرار أيام صلبة تبرسه برسًا، وتتقاذفه قذفًا وتنهره نهرًا.

 هكذا يشعر "السجين" الذي بات يحصي نِعم "الجنّ" اللامنتهية؛ لديهم أمطار ناعمة ورفيقة بأجسادهم، ليس كما سحيح طبقات الجليد الجِلفَة التي تحيط به، يبزغ على أراضيهم نور فتيّ غباره من لآلئ الحُسن، بينما يتسلّط على حفرته دخان كثيف، تميز منه رائحة الأُوار، إلى أن صار يهدي بهَجْسه الأليم اليتيم، والذي يتردّد صداه الدامي في جثمان زنزانة .. فكأنه يحاور واقعه بصوت خافت، يصدر وشوشة بهيتة ..

-"وحيد، وحييد، وحييييد، أنا هنا ، هلا نظرتم إليّ ؟؟! ما من أحد ؟؟!  
لماذا لا ينظر إليّ أحد ؟؟!  
أستطيع أن أراكم وأشعر بوجودكم، أريد الخروج من هنا ولا أتمكَّن !!! 
أنا أيضًا قوي مثلكم، ولكني لا أقوى على التحرّر من بسطة هذا الجليد القاسي، 
أ تسمعونني ؟!"-

 ما من أحد يراك أو يسمعك..
-"أنا وحيد !!"- 
أنت تهدّد حياة الجميع.. 
-"لكن الجميع يعيشون في راحة وهناء إلا أنا !!! لماذا ؟!"- 
لأنك من نار والنار حارقة.. 
-"ليس من العدالة سجني ولو كنت نارًا"-
العالم ليس بحاجة لكل هذا الغضب، لو كنت من دون مطالب كنت ستعيش بينهم.. 
-"لا أفهمك !! كيف يكون ذلك ؟؟! هل يمكن العيش من دون مطالب ؟؟!"-
نعم، بالضبط كما كنت من قبل، لا تريد شيئًا من شيء، ومن ثمّة لا تشعر بأي شيء سوى بوجودك.. 
-"هكذا أنا، لا أريد سوى الخروج من هنا، وأن أعيش مثلهم، مثل هؤلاء المستمتعين بالأكل والشرب والحديث والاستئناس"-
إن خرجت عليهم ستحرقهم جميعًا ولن تترك شيئاً، لا لهم ولا حتى لنفسك.. 
-"لن أفعل"- 
الأمر يخرج عن إرادتك، هذه طبيعتك.. 
-"إذن فأنا معاقب بسبب طبيعتي، وهذا ليس عدل"- 
أنت لست معاقب، لم تفعل أي شيء لتعاقب عليه.. 
-"كل ما يحصل لي عقابًا شديدًا"- 
عليك أن تهدأ أولاً..
-"ما دمت لم أفعل شيئًا وأتعذب بهذه الطريقة، لسوف أؤذيهم جميعًا، ليس من الضرورة أن يفعلوا شيئًا ليعاقبوا عليه"-
تمهّل، فأنت الآن منقاد "للحسد" وهو أخطر منك..
-"لا تتعب كلماتك معي، فبقسمي وألمي لأُبكينّهم كما لم أقوى حتى على البكاء، ولأُحزننّهم كما حزنت، ولأُسجننّهم كما سجنت، كل ملايين هذه السنين التي عشتها؛ متأزّم مفتون بسلام عيشتهم سيذوقونها هلاكًا تباعا، فردًا فردًا، قلبًا قلبًا، شعورًا شعورًا."-

"Le Hurlement du Solitaire"

Par l’écrivaine et romancière

Djadouni Hakima NinarEskila

Quand Iblis compare sa nature terrifiante aux traits de beauté des visages du peuple des djinns et à leurs formes séduisantes, la privation mûrit autour de lui, il se méprise et hait tous les autres.

Lorsqu’il aperçoit des amants sur le balcon de l’amour, sous l’ombre de la lune, il serre sa poitrine dans les langues de son feu, s’enveloppe de ses ténèbres et se retire avec soupirs et gémissements.

Quand les femelles des djinns se tiennent sur les rives du fleuve, il fixe son regard sur la tranchée du courant, voulant le transformer en abîme qui les emporterait vers lui, afin qu’elles découvrent l’existence de ce « prisonnier » parmi elles sans le savoir.

Les chasseurs, en brandissant leurs arcs vers les proies, le troublent : doit-il aider les proies ou venir en aide aux chasseurs ?!
Mais eux, si souvent appelés, ne lui prêtent aucune attention...

Savez-vous pourquoi ? Parce qu’il demeure assurément une inconnue.

Iblis resta ainsi durant des millions d’années, le supplice se relayant sur sa prison, l’assujettissant à l’extinction, à la contrainte de l’existence et à l’absence de félicité.

— Sentiment impossible à concilier : l’ennui —

Celui-là même qui jeta la fatigue dans les recoins de la solitude. Il ressent quelque chose d’étrange, par quoi il pourrait trouver un soulagement : est-ce des larmes, une hémorragie, un cri ?! Étonnant de voir surgir de son cœur des pointes de couteaux !

Et le feu peut-il être blessé ? Oui, comme vous le voyez… !!

Iblis, écorché et égorgé par la lame de sa privation d’attention, avide d’échapper au marécage du désespoir ou d’une épaule lui soufflant : « Tu iras bien !!! »
Mais rien de cela — seulement la répétition de jours durs, le pressant, le bousculant, l’injuriant.

Ainsi se sent le « prisonnier » qui compte désormais les innombrables bénédictions des djinns : ils ont des pluies douces caressant leurs corps, tandis que lui est entouré de couches de glace brutale ; sur leurs terres se lève une lumière juvénile dont la poussière émane de perles de beauté, alors que sur son trou s’abat une fumée épaisse exhalant l’odeur de la braise.
Jusqu’à ce que son murmure solitaire et douloureux devienne son seul don, résonnant sanglant dans la chair de sa cellule… comme s’il dialoguait avec sa réalité d’une voix faible, en un chuchotement voilé :

— « Seul, seul, seul… je suis ici ! Me verrez-vous ?! Personne ?!
Pourquoi personne ne me regarde-t-il ?!
Je peux vous voir et sentir votre présence, je veux sortir d’ici mais je n’y parviens pas !!!
Moi aussi je suis fort comme vous, mais je n’ai pas la force de me libérer de l’emprise de cette glace impitoyable.
M’entendez-vous ?! » —

Personne ne te voit ni ne t’entend…
— « Je suis seul !! » —
Tu menaces la vie de tous…
— « Pourtant tous vivent dans le confort et la félicité, sauf moi !!! Pourquoi ?! » —
Parce que tu es de feu, et le feu brûle…
— « Ce n’est pas juste de m’emprisonner, même si je suis feu » —
Le monde n’a pas besoin de toute cette colère. Si tu étais sans exigences, tu aurais vécu parmi eux.
— « Je ne comprends pas !! Comment vivre sans exigences ?! » —
Exactement comme tu étais auparavant : ne rien désirer de rien, et ainsi ne ressentir que ton existence.
— « C’est bien ce que je suis : je ne veux que sortir d’ici, vivre comme eux, comme ces êtres jouissant de manger, boire, parler et s’apprivoiser » —
Si tu sortais vers eux, tu les brûlerais tous et ne laisserais rien, ni pour eux ni même pour toi.
— « Je ne le ferai pas » —
Cela dépasse ta volonté, c’est ta nature.
— « Alors je suis puni à cause de ma nature, et ce n’est pas juste » —
Tu n’es pas puni, tu n’as rien fait pour mériter une punition…
— « Tout ce qui m’arrive est un châtiment sévère » —
Tu dois d’abord te calmer…
— « Puisque je n’ai rien fait et que je souffre ainsi, je vais tous les faire souffrir. Ils n’ont pas besoin d’avoir fauté pour mériter un supplice. » —
Doucement… tu es désormais conduit par l’Envie, et elle est plus dangereuse que toi…
— « N’épuise pas tes mots avec moi. Par mon serment et ma douleur, je les ferai pleurer comme je n’ai même pas su pleurer, je les rendrai malheureux comme je l’ai été, je les emprisonnerai comme je l’ai été. Toutes ces millions d’années vécues dans le tourment, jaloux de leur paix, ils les goûteront en ruine, l’un après l’autre, cœur après cœur, sentiment après sentiment. » —

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